« Etre son propre patron et son propre commercial, cela responsabilise. »

Aujourd’hui on vous propose l’interview d’Henry Pichat, concepteur-rédacteur freelance sur Malt. Henry exerce son métier depuis plus de 12 ans et il fait partie des premiers freelances inscrits sur Malt. Alors on s’est dit que ça serait bien de discuter un peu avec lui !

Bonjour Henry, alors raconte-nous ta vie : comment es-tu devenu freelance ? 

Un peu par hasard en fait. Après des stages en agence de publicité, j’ai enchainé plusieurs CDD dans des agences de communication opérationnelle. A la fin du dernier CDD, alors que je cherchais un poste, on m’a proposé une mission en freelance. J’ai accepté… et puis j’ai continué. Cela fait maintenant 10 ans que je suis en freelance.

Et c’est quoi ton métier ? 

Je suis concepteur-rédacteur, c’est-à-dire que je trouve des idées et j’écris des textes pour des supports de communication qui peuvent prendre des formes très diverses : vidéo avec des prises de vue ou en animation, spot radio, site web, emailing, plaquette print, annonce presse, affiche…

Cela implique à la fois de comprendre rapidement le produit ou le service qu’on doit vendre et les vraies attentes de la cible… et en même temps d’effectuer un « saut créatif » qui donnera un positionnement unique à la campagne de communication.

Et alors, ça t’a plu ? 

J’adore mon métier qui me permet de rencontrer des gens très différents et de découvrir plein de secteurs d’activités qui peuvent être assez éloignés du mien. Même si j’assume complètement d’être un bobo parisien, je trouverais dommage de se couper de la richesse et de la diversité des univers qui nous entourent. Cela doit être ma formation d’étudiant en sociologie qui ressort, ou tout simplement parce que je suis quelqu’un curieux de nature.

Qu’est-ce que tu préfères dans le fait d’être freelance ? 

Devenir freelance m’a permis de grandir plus vite professionnellement. Etre son propre patron et son propre commercial, cela responsabilise.

Sinon, bien sûr j’apprécie d’être libre d’aménager mon emploi du temps comme je le souhaite et de pouvoir choisir le lieu où je travaille. A ce propos, avis à tous les freelances de Malt : pour cause de déménagement imminent, je cherche actuellement un nouveau bureau partagé avec des freelances sympas, idéalement dans le 17e arrondissement. Alors, si vous avez une place disponible dans un bureau qui correspond à ces critères, faites moi signe !

En comparaison, qu’est-ce qui t’embête au quotidien ? 

L’aspect administratif, qui implique souvent d’être tenace, notamment pour obtenir mon bon de commande et me faire payer dans les délais prévus. Mais bon, je pense que pas mal de freelances ont le même souci… J’ai développé davantage ce point de vue sur mon Tumblr « Il est free, il a tout compris ».

Tu te vois freelance sur le long terme ? 

Complètement. Par contre, j’aimerais bien m’associer avec d’autres freelances pour monter une structure souple en mode partenariat. Cela nous permettrait de prendre des budgets plus importants. Je l’ai déjà fait sur quelques projets mais c’est compliqué de maintenir des relations très suivies avec des freelances, car chacun à ses propres clients, ses priorités et ses impératifs personnels et familiaux…

C’est quoi tes manies quand tu bosses ? 

Boire deux grandes tasses de maté, une boisson argentine amère, pour le petit déjeuner. Et faire une pause après le déjeuner en allant bouquiner au soleil dans un parc.

Ta journée type elle se passe comment ? 

Je n’ai pas vraiment de journée de type, car mon activité implique assez souvent de se déplacer sur Paris, voire en province, pour rencontrer des prospects ou des clients. Je peux travailler de façon très intensive quand un projet est méga urgent, mais aussi avoir des horaires beaucoup plus cool quand je suis plutôt dans une période d’attente de retours sur un projet ou prospection.

Qu’est-ce que tu aimes chez Malt ? 

Je suis bluffé par la disponibilité et la réactivité de vos équipes par mail et par téléphone : franchement, vous avez la meilleure hotline du monde ! J’apprécie énormément la transparence dont vous faites preuve depuis le début, et le business model que vous avez mis en place qui instaure un cercle vertueux où tout le monde est gagnant.

C’est quoi ta devise ? 

« L’urgent est déjà fait. Pour les miracles, prière d’attendre 24 heures ».

Cela permet de relativiser les fausses pressions que les annonceurs et les agences se mettent souvent en termes de deadline, parfois au détriment de la réflexion et donc de la qualité du projet. Même si cela m’empêche pas d’être disponible rapidement et très réactif quand le projet l’exige…

Le mot de la fin ?  

Freelances, ne vous bradez surtout pas, ne cassez jamais vos prix : vous ne vous rendez pas service, car vos clients n’en seront pas pour autant plus respectueux ou plus fidèles. Et si nous agissons tous comme cela, il y aura un nivellement par le bas de nos rémunérations. Donc surtout, ne baissez pas vos tarifs, vous n’avez rien à y gagner !

Je ne travaille pas en pyjama : la vie de traductrice freelance d’Alice

Elle s’appelle Alice, elle est traductrice et rédactrice freelance sur Malt et elle nous parle un peu de son parcours, des avantages et des inconvénients du freelancing et donne quelques conseils aux freelances en herbe !

Comment je suis devenue freelance

La question n’a presque jamais été de savoir si je me mettrais à mon compte, mais quand et comment ! En effet, le freelancing, c’est une histoire de famille : je n’ai jamais vu que mon père, ancien artisan taxi, organiser son temps et s’arracher les cheveux avec l’Urssaf. Et il faut croire que ça ne m’a pas rebutée, puisque mon diplôme de traduction en poche, j’ai fait 5 ans de boîte et je me suis installée à mon compte. Aujourd’hui, je suis traductrice anglais / allemand / chinois > français et rédactrice en français.

Avantages et inconvénients

C’est la grande question ! J’ai toujours aimé la planification, donc l’appliquer à plus grande échelle me plaît beaucoup. Le fait de trouver et de remporter moi-même des clients est aussi très gratifiant, et j’avoue que je ne déteste plus ma casquette de commerciale. Sans compter que je mets 30 secondes pour rejoindre mon bureau, contre 1h30 auparavant ! Pour les aspects spécifiques à mon métier, c’est un gros plus de pouvoir lire à voix haute certaines de mes phrases pour m’assurer qu’elles soient fluides. Ce qui se fait plus difficilement dans un open space sans que vos collègues s’inquiètent pour votre santé mentale.

Le revers de la médaille, c’est évidemment l’absence d’interactions humaines autres que par téléphone, et c’est pour cela que je suis toujours prête à me déplacer chez le client si nécessaire. Je ne peux pas non plus me tourner rapidement vers un collègue pour lui demander son avis : tout se passe par e-mail. Et enfin, la paperasse administrative : je ne compte plus le nombre d’e-mails que j’ai dû envoyer à l’Urssaf, dont je parle déjà pour la deuxième fois.

Une journée typique de traducteur freelance

J’ai choisi de faire des journées classiques, de 9 heures à 18 heures, du lundi au vendredi, tout simplement pour me caler sur le rythme de mes clients et de mes proches. Il arrive que je m’arrête bien avant tout comme de finir à minuit, les yeux injectés de sang. Grosso modo, je passe 2 petites heures chaque jour à répondre aux e-mails et aux appels téléphoniques, à faire des devis, bref tout ce qui gravite autour de mon activité. Et heureusement, cela me laisse presque 6 heures pour me consacrer à ma passion : traduction, recherches terminologiques, dictionnaires, recherche du mot juste… Presque, parce que je fais des micro-pauses pour lancer une lessive, faire de petites courses, passer l’aspirateur.

Petite précision : je ne travaille pas en pyjama, on ne sait jamais quand un client voudrait se lancer dans une conversation Skype !

Méthode de travail

Côté traduction, mes outils sont ceux des traducteurs dits techniques : logiciel de traduction assistée par ordinateur, glossaires et dictionnaires en tout genre (plutôt en version numérique, même si j’ai encore de gros dictionnaires papier), Suite Office, correcteur orthographique, rien d’atypique.

Côté administratif, je tiens à jour la liste de mes clients avec leurs coordonnées, quelques indications, mes tarifs, etc. Je suis aussi mon chiffre d’affaires avec un bête classeur Excel. Et je fais des sauvegardes régulières, on ne sait jamais !

Des conseils aux nouveaux freelances

Il faut se lancer… mais pas sans s’être renseignés au préalable ! Pour les traducteurs, la Société Française des Traducteurs propose des formations (salvatrices) pour bien débuter en freelance : statut juridique, régime fiscal, déontologie et éthique, tout y passe. Ensuite, il ne faut pas négliger la prospection même une fois bien installés : comme on dit, il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.

Justement, pour la prospection : il est extrêmement important de savoir expliquer son métier aux clients, souvent et à juste titre largués : pourquoi on ne traduit que vers notre langue maternelle, pourquoi il ne sera pas possible de traduire 5 000 mots pour le soir même, pourquoi on ne peut pas se spécialiser dans 50 domaines différents, de l’aéronautique à la zoologie. Ce qui est évident pour le freelance ne le sera pas forcément pour le client.

Enfin, pour sortir de sa bulle, il est essentiel de se faire violence pour sortir et rencontrer des gens. Pourquoi pas grâce à Malt ? ;)

Dans tous les cas : bonne chance !

Retrouvez Alice sur Malt, sur Twitter ou sur son site.

 

 Crédits photo : © Life of Pix et © Valérie Semensatis