Interview freelance : Guillaume Gros, développeur Fullstack Php Symfony 3/4/5

C’est la reprise des interviews de freelances 🎉

Guillaume Gros, développeur Fullstack Php Symfony 3/4/5 inscrit sur Malt et autoditacte, répond à nos questions sur son parcours : de l’univers de la sidérurgie au statut de Super Malter 🚀

Pourrais-tu nous décrire ton parcours professionnel ?

Ayant arrêté le lycée en terminale F3 pour un projet de création d’une station de radio qui n’a pas abouti mais pour lequel j’ai obtenu un bac de gestion par correspondance, j’ai travaillé 3 ans dans le nucléaire comme décontamineur, et après un CAP et un BEP de mécanique qui « ne m’auront servi qu’à » intégrer l’univers de la sidérurgie, du raffinage et de la pétrochimie, je suis passé de la caisse à outil à chef de projet, dans la maintenance industrielle, à gérer des métiers comme le montage, le nettoyage industriel, la tuyauterie et la mécanique entre autres.

Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir freelance ? A quels challenges as-tu fait face ?

Depuis mon adolescence, je ne supporte pas que l’on me dise quoi faire et comment. Être indépendant était donc une évidence. Pourtant, pour diverses (mauvaises) raisons, j’ai été salarié toutes ces années. Mais le quotidien en entreprise où les rapports hiérarchiques sont critiqués (à tort ou à raison) ou encore l’actualité des dernières années prouvent qu’être salarié, même de grands groupes, ne garantit pas notre futur. Le seul maître de son destin c’est soi. Après, il ne faut pas se leurrer cela demande travail détermination et persévérance entre autres.

Comment as-tu connu Malt et qu’en penses-tu ?

Une fois le grand saut fait, sans argent et sans l’envie de démarcher toute la journée, on s’inscrit sur toutes les plateformes imaginables. Des missions qui pleuvent oui, sauf que certains clients ne cherchent qu’à profiter d’une concurrence féroce, des prix bradés, et si on ne répond pas en quelques minutes notre score baisse, bref déprimant et décourageant pour un noob. Mais avec Malt, c’est l’inverse, les clients connaissent relativement bien les prix du marché et pour peu que vous ayez bien détaillé votre profil, ils vous contactent vous. Certes d’autres aussi, mais ils ont déjà ciblé des gens avec qui ils ont potentiellement envie de travailler, ce n’est pas une proposition impersonnelle lâchée à la meute affamée. Au fil des missions, on prend confiance. Bref, de la dizaine de plateformes sur lesquelles j’étais inscrit, ça n’a matché qu’avec Malt.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui hésite à se lancer à son compte ?

Je n’ai pas de conseil ni de recette mais si je peux me permettre voici quelques données de mon expérience personnelle qui devraient répondre à la question :

Quand je me suis lancé je n’avais pas d’économie, pas de parent sur qui compter, un crédit de 75K€, je ne supportais plus mon travail, pas de réseau et aucune expérience en tant que professionnel dans ce que je voulais faire. J’ai rajouté 20K€ à mon crédit pour tenir la première année, je me suis enfermé à raison de 18hrs/jour pendant plusieurs mois pour apprendre entre autres la programmation objet en PHP et en JS ainsi que Symfony. 

C’était il y a 4 ans. Aujourd’hui, je me suis fait mon réseau, je me paie quasiment tous les mois, j’ai des commandes fermes jusqu’ à mai 2021, j’ai un bureau dans un centre d’affaires et j’ai investi plus de 10K€ dans un nouveau PC pour les futurs projets et quasiment 2 ans d’avance de trésorerie. En 20 ans de salariat, je ne suis pas arrivé à faire ce que j’ai fait en 4 ans à mon compte.

J’ai misé sur moi, alors misez sur vous. Le travail paie toujours.

Si quand même un conseil : surtout ne vous laissez pas décourager par les pessimistes ou autres jaloux, car c’est votre vie, pas la leur.

Ton activité a-t-elle été impactée par le Covid-19 (annulation de missions, changement des habitudes, relations modifiées avec les clients…) ?

J’ai la chance de pouvoir dire non. Une appli a certes été reportée de 2 mois mais à contrario une autre que je devais démarrer en juillet à dû être lancée en urgence pour être opé le 11 mai car dans la santé. Certains de mes clients ont « profité » de la période pour ajouter des fonctionnalités aux applis en production.

Sur le long-terme (au-delà de 12 mois), penses-tu que la crise Covid-19 entraînera davantage de projets dans ton domaine de par l’explosion des projets numériques et la démocratisation massive du télétravail ?

Je serai bien incapable de prédire quoi que ce soit. En mars et avril tout le monde disait « plus jamais ça », finalement le télétravail ça fonctionne et en plus çà réduira la pollution. Deux mois plus tard pratiquement tout le monde est retourné au bureau et je n’ai jamais vu autant de voiture en ville pour un mois de juin… Donc non, je pense que cela ne va pas changer grand chose, à part bien sûr pour les entreprises frappées par la crise qui vont reporter ou annuler des projets. C’est pourquoi je pense qu’il est important de diversifier son activité.

Tes prochains challenges ?

En 4 ans, j’ai à peine démarré le tiers de ce que je souhaitais faire. Donc déjà cette année j’ai pris un peu moins de missions en dev pour me lancer dans la formation, du moins l’écriture des cours, et pour me former en C#. Faisant de la 3D et prétendant faire de la musique la dernière étape est donc évidente, le jeu vidéo, où tout se mêle. 

Mais le véritable Graal c’est la musique. En fait tout ça c’est pour préparer ma 3è vie, un studio où je pourrais produire des talents. J’ai 46 ans, je me donne 10 ans car je ne veux dépendre de personne.